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Conclusion

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En 1763, le roi George III d’Angleterre signait une proclamation royale qui s’adressait aux colons de l’Amérique du Nord et qui protégeait les peuples autochtones et leurs terres ancestrales. Cette proclamation reconnaissait la souveraineté des Autochtones sur tout le territoire à l’ouest des Appalaches; elle stipulait aussi que ce territoire était strictement réservé à l’usage des Autochtones. L’expansion coloniale sur ce territoire était strictement interdite. Après la signature de l’Acte de l'Amérique du Nord britannique et l’adoption de la Loi sur les Indiens du Canada, les bonnes intentions et la protection offerte par la Proclamation royale de 1763 se sont retournées contre ceux que la Proclamation devait justement protéger. Ainsi commençait une époque horrible pour les peuples autochtones du Canada, une époque marquée par la violence, l’absence de soins et l’assimilation forcée dans les pensionnats autochtones.

Pendant la quasi-totalité des 150 ans qui suivirent, le régime des pensionnats autochtones, sous tous ses aspects, fut le principal moyen utilisé pour séparer les enfants de leurs parents, de leurs familles et de leurs collectivités. L’objectif était d’assimiler les Autochtones à la culture dominante par l’entremise de l’éducation. Ainsi, l’éducation que recevaient les enfants n’avait rien à voir avec le fait d’apprendre : elle les plongeait dans une vie quotidienne régie par la peur et l’inculcation de la haine de qui ils étaient.

« Les survivants et survivantes du régime des pensionnats autochtones ont – et dans beaucoup de cas, continuent – de voir leur vie déstabilisée par leurs expériences dans ces écoles. Ceux et celles qui ont fréquenté ces pensionnats ont encore des difficultés liées à leur identité bien des années après qu’on leur a enseigné à avoir en horreur qui ils étaient et la culture à laquelle ils appartenaient. Les pensionnats ont perturbé la transmission des compétences parentales d’une génération à la suivante. Dépourvus de ces compétences, beaucoup de survivants et survivantes ont des difficultés à élever leurs propres enfants. Dans les pensionnats, ils ont appris que les adultes assurent souvent leur pouvoir et autorité par la violence. Les leçons apprises au cours de l’enfance sont souvent répétées à l’état adulte, avec pour résultat que de nombreux survivants et survivantes du régime des pensionnats autochtones usent souvent de violence contre leurs propres enfants. À leur tour, ces enfants se servent des mêmes violences sur leurs enfants. » 60

Tous ces pensionnats sont aujourd'hui fermés, et de nombreux efforts ont été faits pour tenter de réparer le tort causé à des générations d’Autochtones. On a créé des organismes de guérison et le gouvernement participe à ces initiatives. Tant les Églises qui administraient les écoles que le gouvernement du Canada ont présenté leurs excuses pour les préjudices qu’ils ont volontairement infligés aux enfants à leur charge. Enfin, on a offert des indemnités sous forme d’argent aux victimes de violences.

Comme le déclare le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones en 1991 : « L’avenir doit réserver une place à ceux et celles qui ont subi les effets nocifs des pensionnats afin que ces survivants et survivantes puissent se tenir debout avec dignité, se souvenir, donner voix à leur affliction et à leur colère, et être écoutés avec respect. C’est avec eux que le Canada doit chercher justice et guérison mutuelle en établissant un dialogue. Comme l’a déclaré en 1947 devant le comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes Thomas Prince, chef manitobain et vétéran décoré à de nombreuses reprises, une telle quête unira les Autochtones et les non-Autochtones “de façon à ce qu’ils… cheminent ensemble, face à ce monde, dans la foi et la confiance mutuelle”. » 61

Ainsi se termine, en quelque sorte, une sombre période de l’histoire des Autochtones du Canada : l’époque du régime des pensionnats. Il faudra attendre de nombreuses années avant que la guérison soit complète. Il est important que tous les Canadiens et Canadiennes fassent de très grands efforts pour éviter que l’Histoire ne se répète, et qu’à l’avenir, les Autochtones occupent la place qui leur revient de plein droit parmi les nations fondatrices de ce pays.