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Chapitre 3 - Rêsultats

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Bien que le nombre total des élèves ayant fréquenté les pensionnats représente moins de 10 % de la population autochtone canadienne, les élèves ne furent pas les seuls à souffrir de l'éducation qu'ils ont reçue. Les effets des pensionnats se sont avérés être à long terme et d'une grande portée, touchant non seulement les anciens étudiants, mais également leur famille et leur collectivité. Tous ont subi les répercussions de cette sombre page d'histoire.

Bien que l'expérience des enfants ayant fréquenté le réseau des pensionnats soit propre à chacun, les chercheurs ont découvert un nombre de conditions sociales et comportements communs affectant les survivants des écoles. Parce qu'enfants, ils ont subi des traumatismes répétés pendant leurs années de formation, beaucoup de survivants adultes ont été diagnostiqués comme souffrant de trouble de stress post-traumatique. Cette maladie a pour symptômes des « cauchemars, troubles du sommeil, pertes de connaissance, l'apathie et la dépression ». Les survivants adultes souffrent aussi, de façon similaire, de problèmes d'estime de soi, et ils font montre de piètres mécanismes d'adaptation comme l'abus d'alcool et de drogues, les violences conjugales et familiales, les agressions sexuelles et l'inceste. Le taux de mortalité des survivants des pensionnats s'est également avéré très élevé, les suicides et les morts liées à l'alcool étant beaucoup plus élevés que la moyenne nationale.

Le réseau des pensionnats a affecté les familles pendant des générations. Les parents étaient forcés de remettre leurs fils et filles aux autorités sous peine d'accusations criminelles et d'amendes. Ils voyaient, impuissants, leurs enfants être enlevés de force de leur foyer. Et pour les parents assez chanceux de voir revenir leurs enfants à la maison, ils découvraient que leurs fils et filles considéraient avec honte ou même haine leur héritage autochtone.

Pendant que les familles portaient sur leurs épaules le poids de la colère et de l'aliénation de leurs enfants, les enfants eux-mêmes éprouvaient des difficultés à fonctionner au sein de leur famille. Dans les pensionnats, les élèves n'avaient pas appris à faire partie d'une famille. Ils n'avaient pas appris comment être parents et à aimer de façon appropriée, compétences que les enfants apprennent normalement de leurs parents. Priver les enfants autochtones de ces leçons sur la vie a produit des générations qui ne savaient pas ce que signifiait être un père ou une mère ni comment aborder les conflits familiaux d'une façon constructive et affectueuse.

Le manque de compétences parentales est probablement la répercussion la plus profondément néfaste des pensionnats. Les anciens élèves n'ont connu que la discipline rigide, autoritaire et distante sur le plan affectif de la part du personnel enseignant et des autres membres du personnel. Cette façon de faire devint celle que beaucoup d'entre eux adoptèrent pour élever leur propre famille. Parce que c'est de ses parents que chacun apprend à être parent, les effets des faibles compétences parentales sont devenus un héritage transmis de génération en génération. Plusieurs auteurs ont fait remarquer à quel point « les modèles comportementaux étaient dysfonctionnels chez les enfants adultes des anciens élèves, ce qui leur faisait conclure que : "les modèles de capacité parentale des enfants autochtones ont été marqués de façon indélébile par les pensionnats au point qu'ils perdureront pendant des générations" ».

L'assimilation et les efforts entrepris pour anéantir la culture autochtone au Canada ont également eu des répercussions irrévocables sur la plupart des collectivités autochtones. Beaucoup de celles-ci ont été dévastées par la perte de leur culture et de leur langue après qu'on en ait retiré les jeunes. Ces enfants n'avaient pas encore appris tout ce qu'ils devaient savoir, et quand ils sont finalement revenus chez eux, ils ne voulaient plus entendre parler de leur langue, de leur culture ni de leurs traditions. Résultat, plusieurs langues et dialectes ainsi qu'une partie de la signification des cérémonies traditionnelles et des balises culturelles se sont perdus à jamais. Beaucoup de collectivités ont aussi été dévastées par l'héritage des agressions physiques et sexuelles, héritage qui a empêché une guérison collective.

D'un autre côté, beaucoup de survivants des pensionnats ont embrassé leur patrimoine autochtone et s'en sont servi pour se guérir des expériences horribles de leur enfance. Ensemble, beaucoup de collectivités ont trouvé dans cette résurgence culturelle une voie bienfaisante qui leur a permis de retrouver leur collectivité tout entière. La mise en commun des traumatismes vécus par les survivants des pensionnats a aussi créé un lien entre les collectivités grâce à un « réseau de loyauté et d'activistes politiques sur tout le territoire autochtone. Le partage mutuel de leur histoire personnelle est devenu la base d'un nouveau discours et un problème commun inscrit au programme politique contemporain. »