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Tableau noir

Chapitre 1: Assimilation

> Les Pères de la Confédération
à la Conférence de Londres,

1866 © Rogers Cantel.
Reproduction autorisée par
Rogers Communications Inc.
Bibliothèque et Archives Canada /
C-006799


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The Fathers of Confederation at the London Conference

Cependant, certaines personnes qui se penchaient sur l'enjeu de l'éducation autochtone proposaient des modèles d'éducation et d'apprentissage tout à fait différents. Les hommes qui siégeaient à la Commission Bagot de 1842 à 1844, par exemple, insistaient sur le fait que la séparation des enfants de leurs parents était le meilleur moyen d'en arriver à l'assimilation. Dans son rapport sur l'éducation des autochtones de 1847, Egeter Ryerson, le surintendant de l'éducation, reprenait ce concept et recommandait que l'éducation autochtone soit axée sur l'instruction religieuse et la formation agricole.

En 1867, la Confédération canadienne vint compliquer davantage la question. La promesse d'un Dominion du Canada qui s'étendrait d'une mer à l'autre dépendait, en partie, de la colonisation de l'ouest du pays. Cependant, cet objectif était plus facile à énoncer qu'à réaliser. Les États-Unis portaient déjà leur regard vers le nord en vue d'une annexion possible. Et d'ailleurs, l'Ouest faisait déjà l'objet d'occupation. Au contraire des peuples autochtones de l'Est qui étaient déjà, à divers degrés, en voie d'assimilation, les groupes tribaux de l'Ouest maintenaient leurs styles de vie autonomes.

^ « The Annexation Engine »
© Domaine public
Source : A Caricature History of Canadian Politics by J.W.A. Bengough, Vol. 1 & 2, Toronto : The Grip Printing & Publishing Co., 1886

De toute évidence, le nouveau gouvernement du Dominion n'était pas confronté à une mince tâche. Les politiciens s'affairèrent à rédiger les textes de loi nécessaires et au cours des premières décennies de la Confédération, ils adoptèrent deux lois : la Loi sur les sauvages en 1869, qui visait à faire en sorte que « tous les Indiens soient civilisés » et la Loi sur les Indiens de 1876, qui entérinait le droit du gouvernement fédéral d'adopter des lois s'appliquant aux peuples autochtones. Avec de telles assises juridiques en place, un argument fut bientôt mis de l'avant pour mettre au point une stratégie scolaire visant l'assimilation complète des enfants indiens.

Les politiciens étaient aussi d'avis qu'un chemin de fer transcontinental permettrait de transporter les colons vers l'Ouest et de fortifier les frontières ouest et sud du Dominion. Cependant, le Homestead Act, ou la loi sur les lots de colonisation, stipulait que toute construction ne pouvait commencer avant l'obtention d'un titre de propriété. C'est cette loi qui déclencha le processus de négociation de traités avec les chefs autochtones de l'Ouest. La colonisation des prairies venait de prendre son essor.

v Plan de la réserve indienne de Muskoday, rivière Saskatchewan Sud
1884, E. Stewart
Bibliothèque et Archives Canada /
NMC-008387