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Tableau noir

Chapitre 10: Le mouvement de guérison

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Le mouvement de guérison

Alors que le mouvement des droits civils balayait l'Amérique du Nord dans les années 1960, des organisations visant à habiliter et à redonner l'autonomie aux peuples autochtones ont vu le jour. L'American Indian Mouvement aux États-Unis et la Fraternité nationale des Indiens au Canada militaient en vue d'obtenir des changements sociaux et, entre autres développement, ont marqué le début de ce qu'on appelle couramment le mouvement de guérison. Des modifications apportées à la Loi sur les Indiens éliminèrent des interdictions qui avaient forcé les Autochtones à tenir leurs cérémonies dans le secret...

< PM Jean Chretien et le Chef A. Arrowmaker
1974 - Native Communications Society #NCS-74-109-10a


Et avec les Aînés comme guides, les enseignements et les pratiques culturelles revirent le jour dans les collectivités où il avait été perdus ou difficiles à exercer. De nombreux Autochtones partirent à la recherche des détenteurs du savoir dans des collectivités proches ou éloignées pour faire revivre la spiritualité traditionnelle et pour réintroduire les pratiques de guérison comme le smudging, le sweat-lodge, le pip sacré, le jeûne, les cérémonies des premiers pas et les cercles de partage et de guérison. À certains moments, ces pratiques entraient en conflit avec les enseignements chrétiens qui faisaient maintenant partie des croyances de certaines collectivités autochtones, mais on s'est efforcé de trouver un terrain d'entente.

Alors que ces efforts de guérison axés sur la collectivité ont commencé prendre de l'essor, des programmes de croissance personnelle et de promotion du potentiel humain ont aussi grandi en popularité. Le mouvement Alcooliques Anonymes a fait une importante contribution au mouvement de guérison en fournissant un parcours structuré pour la guérison sur le plan individuel. Plus tard, au début des années 1970, des programmes subventionnés par le fédéral pour traiter de la toxicomanie chez les Autochtones, comme le Programme national de lutte contre l'abus de l'alcool et des drogues chez les Autochtones (PNLAADA), ont introduit une approche collaborative à la résolution de ces problèmes dans les collectivités autochtones...

Une initiative issue de la base, La Four Worlds Elders Conference, tenue en décembre 1982, a réuni quelque quarante groupes tribaux différents en vue d'élaborer des stratégies visant à orienter l'action pour surmonter le problème de l'alcoolisme et de la toxicomanie chez les autochtones. Des centres de traitement comme celui de Round Lake à Vernon, en Colombie-Britannique, intégraient des concepts de guérison autochtones à leurs programmes de lutte contre la dépendance. Ces initiatives et d'autres ont favorisé une plus grande acceptation et une meilleure sensibilité relativement aux besoins de guérison particuliers des peuples autochtones du Canada.

Plus tard dans cette même décennie, les perspectives courantes en matière de soins de santé ont commencé à se transformer, ce qui à donné lieu à un mouvement axé sur la promotion de la santé et les collectivités en santé. La déclaration d'Alma-Ata en 1978 par l'Organisation mondiale de la santé définissait la santé comme non seulement l'absence de maladie mais aussi un contrôle des facteurs qui favorisent la santé, une vision qui cadre parfaitement avec les concepts traditionnels autochtones de la guérison. Les approches holistiques en matière de santé qui favorisent un style de vie sain et des relations humaines et des collectivités saines, jumelées à des programmes de croissance personnelle et des pratiques traditionnelles spirituelles et de guérison ont tous contribué aux efforts de guérison des répercussions intergénérationnelles des pensionnats indiens.

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Percy Ballantyne, Survivant
Pensionnat indien de Birtle, Manitoba

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« (P)ar tendance culturelle, (les Premiàres nations) sont des gens très aimables. Je veux que les gens comprennent ça, qu'ils le sachent, qui nous sommes vraiment, vous savez, pas la façon dont ils nous perçoivent. Parce que pendant trop longtemps, on nous a dit quoi faire, comment agir, quand dire des choses, quand parler, qui on doit être, vous savez. C'est maintenant le temps de dire la vérité, de vraiment dire la vérité et de dire à la société qui nous sommes vraiment.

... Nous sommes le peuple du nord de la « medicine wheel ». Nous siégeons au nord. C'est qui nous sommes. C'est notre vraie identité (continue en langue autochtone). C'est qui nous sommes.

... Continue juste à avancer dans la vie, comme on m'avait déjà conditionné à le faire avec amour, avec attention, avec la sagesse des enseignements des Aînés de ma communauté. C'est ceux-ci qui m'ont vraiment supporté dans la vie, pour arriver à faire les bons choix dans la vie, les bonnes décisions.

... Ceci n'est pas notre société. C'est la société blanche. Ce n'est pas la société des Premiàres nations. Ce n'est pas notre vie... La vie des gangs n'est pas notre vie. L'abus des femmes n'est pas notre vie. Toutes sortes de choses qui se passent, ce n'est pas nous. Ce n'est pas notre vie...

Alors je trouve différentes façons de pouvoir travailler et guérir, travailler avec les autres. »

Percy Ballantyne, Survivant
Pensionnat indien de Birtle, Manitoba