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Tableau noir
Chapitre 1: Assimilation
Se ré-approprier l'histoire : Introduction au regime canadien des pensionnats
> Enfants autochtones en salle de classe au pensionnat indien catholique
de Fort George (Québec), 1939 Archives Deschâtelets
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Dès leur arrivée au « Nouveau Monde » de l'Amérique du Nord, plusieurs entités religieuses se donnèrent la mission de convertir les peuples autochtones à la religion chrétienne. Cette entreprise pris de l'ampleur du point de vue de l'infrastructure et de l'intention, surtout entre 1931 et 1969, lorsque des représentants gouvernementaux du jeune pays qu'allait devenir le Canada se joignirent aux Églises catholique, anglicane, méthodiste, unie et presbytérienne pour mettre sur pied et administrer le réseau de pensionnats indiens. Ce partenariat prit fin lorsque le gouvernement fédéral décida d'assumer seul la responsabilité de ces pensionnats, pour ensuite transférer le mandat de l'éducation des Premiàres nations aux bandes indiennes. Le dernier pensionnat administré par le gouvernement fédéral, le Gordon Indian Residential School, en Saskatchewan, a fermé ses portes en 1996.
Un commun objectif peut définir toute cette époque : l'assimilation pur et simple des peuples autochtones.
^ Reverend Peter Jones Kahkewaquonaby,
by David Octavius Hill & Robert Adamson,
August 4, 1845
L'éducation des autochtones avait longtemps été une priorité tant pour les chefs autochtones que pour le gouvernement britannique, et plus tard, le gouvernement canadien. Cependant, les bouleversements politiques et économiques qui ont marqué le dix-neuvième siècle allaient bientôt en faire un enjeu d'importance. Certains chefs de file autochtones s'étaient judicieusement rendu compte des répercussions à long terme qu'auraient ces changements sur leurs modes de vie cultures et traditionnelles; ils ont donc entamé des négociations avec les congrégations religieuses et les représentants gouvernementaux pour mettre sur pied un système scolaire équitable pour tous. Les chefs de file des Premiàres nations, comme les chefs ojibway Peter Jones et John Sunday, ont travaillé en collaboration avec les églises et missionnaires méthodistes en vue de permettre aux Autochtones de s'adapter avec succès à un monde en plein de changement. Ensemble, ils ont recueilli des fonds pour bâtir des écoles et embaucher du personnel enseignant eurocanadien qui fournirait une éducation normative ainsi qu'une formation en agriculture et en métiers spécialisés aux enfants autochtones. Les deux parties devaient sortir gagnantes de ce partenariat : d'une part, les communautés des Premiàres nations auraient accès à une éducation qui, elles l'espéraient, donnerait à leurs enfants la possibilité de s'intégrer à parts égales à la société courante, et d'autre part, les écoles serviraient de véhicule aux missionnaires pour propager la doctrine chrétienne.
Les chefs ojibway Jones et Sunday n'étaient pas les seuls. Le chef anishnaabe Shingwauk soutenait aussi l'éducation des enfants autochtones, mais une éducation qui jumelait les savoirs autochtones et non autochtones. En collaboration avec le gouvernement et l'Église anglicane, Shingwauk mit sur pied des « écoles-wigwam ». Avec l'appui de ses fils, tous deux des chefs héréditaires, ces écoles ont poursuivi leur enseignement après sa mort en 1854 et ce, jusque dans les premières années du vingtième siècle.
> Chef Shingwauk, dit « le Pin » (1773-1854)
Le chef des Ojibway de la rivière Garden croyait que les générations d'Ojibway à venir avaient besoin d'être éduquées selon la méthode de l'enseignement classique de l'homme blanc si elles voulaient survivre dans ce qui devenait un monde à « prédominance non autochtone et ayant des valeurs non autochtones ». Son rêve, c'était que tous les enfants ojibway puissent, à l'avenir, avoir accès à un centre d'éducation construit pour eux.
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